La fonction Start/Stop use-t-elle davantage la batterie ?
La fonction Start/Stop n’endommage pas la batterie si le bon type est utilisé, tandis que le carburant économisé est généralement supérieur au coût de remplacement de la batterie.
La fonction Start/Stop (ou Idling Stop) est de plus en plus répandue sur les voitures et les deux-roues motorisés afin de réduire la consommation de carburant et de limiter les émissions en circulation urbaine. Cette technologie permet au véhicule de couper automatiquement le moteur lors d’un arrêt temporaire, puis de le redémarrer lorsque le conducteur repart. Toutefois, de nombreux utilisateurs craignent que ces arrêts et redémarrages répétés n’accélèrent l’usure de la batterie, les obligeant ainsi à la remplacer plus souvent, et que cela ne « coûte » plus cher que le carburant économisé.

Bouton de la fonction Start/Stop sur une voiture. Photo : Practical Motoring
En principe, le Start/Stop augmente le nombre de démarrages du moteur au cours d’un trajet, ce qui signifie que la batterie doit fournir un courant élevé à de multiples reprises, davantage que sur un véhicule dépourvu de cette fonction. Pour répondre à cette exigence, les constructeurs n’utilisent pas de batteries plomb-acide classiques, mais des modèles spécifiques comme les EFB (Enhanced Flooded Battery) ou AGM (Absorbent Glass Mat). Ces batteries sont conçues pour supporter des cycles de charge-décharge fréquents, de forts courants de démarrage et une récupération rapide après chaque mise en route.
La différence entre une batterie classique et une batterie destinée au Start/Stop réside dans sa structure et sa capacité à supporter la charge. Une batterie classique est conçue pour des véhicules qui ne démarrent que quelques fois par trajet, avec une capacité limitée à supporter les décharges profondes et les débits de courant continus. Si le moteur est coupé et relancé en permanence, les plaques et les matériaux au plomb à l’intérieur se dégradent rapidement, entraînant une forte baisse de capacité après peu de temps.
À l’inverse, les batteries EFB et AGM utilisées pour le Start/Stop bénéficient d’une conception et de matériaux améliorés qui augmentent leur résistance aux cycles de charge-décharge intensifs et répondent mieux aux exigences de démarrages répétés qu’une batterie classique. Au-delà du démarrage du moteur, ce type de batterie est aussi conçu pour fournir suffisamment d’électricité aux équipements annexes comme la climatisation, le système d’infodivertissement, l’ECU, les caméras et les autres équipements électriques lorsque le moteur est coupé.
Outre la batterie spécifique, les véhicules équipés du Start/Stop intègrent aussi un système de gestion de l’énergie. L’unité de commande surveille en continu la tension, la capacité restante de la batterie, la température ambiante et le niveau de consommation électrique du véhicule. Lorsque l’alimentation n’est plus suffisante pour garantir le prochain démarrage, le système désactive automatiquement le Start/Stop. Ce mécanisme permet d’éviter une décharge profonde de la batterie, qui nuirait à sa durabilité, et garantit que le véhicule dispose toujours de suffisamment d’énergie pour redémarrer à tout moment.
Concernant les économies réalisées avec la fonction Start/Stop, supposons une voiture essence des segments B-C circulant principalement en ville, avec une consommation d’environ 8 litres/100 km. Pour un kilométrage annuel de 10.000 km, le véhicule consomme environ 800 litres d’essence. Selon les estimations, le Start/Stop permet d’économiser 5 à 10 %, soit 40 à 80 litres de carburant par an, ce qui représente environ 1 à 2 millions de dôngs aux prix actuels de l’essence. Dans le même temps, une batterie EFB ou AGM pour le Start/Stop coûte généralement 3 à 4 millions de dôngs et dure de 2 à 4 ans, soit un coût moyen de 1 à 1,5 million de dôngs par an. Ainsi, les économies de carburant générées par le Start/Stop sont globalement équivalentes ou supérieures au coût d’amortissement de la batterie.
Le problème ne se pose que lorsque l’utilisateur remplace la batterie par un modèle inadapté. Si une batterie classique est installée sur un véhicule équipé du Start/Stop, sa durée de vie peut diminuer rapidement, car ce type de batterie n’est pas conçu pour des cycles de charge-décharge continus à forte intensité. Le véhicule peut alors présenter plus facilement des démarrages faibles, une désactivation fréquente du système Start/Stop ou des messages d’erreur au tableau de bord.

Véhicule équipé de la fonction Start/Stop lors du remplacement d’une batterie AGM. Photo : Hồ Tân
Sur les deux-roues, les modèles automatiques équipés de l’Idling Stop reçoivent une batterie de capacité et de puissance de décharge plus élevées, ainsi qu’un chargeur et une unité de commande adaptés. Lorsque la batterie est faible, le système n’autorise pas l’arrêt automatique du moteur afin d’éviter l’impossibilité de redémarrer.
Ainsi, la fonction Start/Stop ne réduit pas la durée de vie de la batterie si le véhicule utilise le bon type de batterie et un système électrique d’origine conforme à la conception du constructeur. En revanche, le remplacement par une batterie inadaptée ou l’absence d’entretien régulier sont les principales causes d’une baisse de durée de vie de la batterie et donnent l’impression que le Start/Stop lui nuit.
Hồ Tân